Pourquoi Lummis dit que la loi CLARITY mettra fin à l'« absurdité » à laquelle sont confrontés les développeurs de logiciels américains

La sénatrice américaine Cynthia Lummis exhorte ses collègues à adopter la loi sur la clarté du marché des actifs numériques, arguant que le projet de loi libérerait les développeurs de logiciels de la menace de poursuites pour avoir simplement publié du code.

  • Points clés :
    • Lummis affirme que la loi CLARITY met fin au risque de poursuites pour les programmeurs américains après le vote de 15-9 du comité du Sénat.
    • La loi CLARITY pourrait atteindre un vote complet au Sénat en 2026, nécessitant 60 voix pour dépasser le filibuster.
    • Les soutiens, comprenant 160 vétérans de la sécurité et 1 200 entreprises technologiques, avertissent que le retard pourrait repousser la réglementation à 2030.

Développeurs dans la ligne de mire

Lummis a exposé sa position via une déclaration partagée le 22 juin, soulignant l’exposition juridique à laquelle sont confrontés les personnes qui écrivent du code pour des outils de finance décentralisée (DeFi), des portefeuilles et d’autres services en chaîne. Elle a à plusieurs reprises affirmé que l’absence de règles claires laisse les ingénieurs deviner si leur travail de routine pourrait ultérieurement être considéré comme un crime, une crainte qui plane sur l’industrie depuis une vague d’actions de enforcement dans les années précédentes. Elle a ajouté :

“Les développeurs de logiciels ne devraient pas avoir besoin d’une armée d’avocats pour savoir si leur code est légal. La loi CLARITY met fin à cette absurdité.”

La loi sur la clarté du marché des actifs numériques, connue sous le nom de loi CLARITY, diviserait la supervision des actifs numériques entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) et préciserait quand un jeton doit être considéré comme un titre ou une marchandise.

Elle comporte également un langage visant à protéger les développeurs et les fournisseurs d’infrastructure qui ne prennent jamais en charge les fonds des clients contre une classification en tant que transmetteurs d’argent, une désignation qui implique de lourdes obligations en matière de licences et de surveillance.

Une loi en cours d’élaboration depuis plusieurs mois

Le projet de loi a progressé par étapes, la Chambre ayant adopté sa version en juillet 2025 avec une majorité de 294 contre 134, et le 14 mai 2026, le comité bancaire du Sénat a fait avancer un projet amendé par un vote bipartite de 15-9. La mesure a depuis été inscrite au calendrier du Sénat, la rendant officiellement éligible à une discussion en séance plénière.

Cependant, tout le monde n’est pas convaincu, et la sénatrice Elizabeth Warren s’est régulièrement opposée au projet lors de la séance de marquage du comité, proposant 44 amendements, aucun d’entre eux n’ayant été adopté, et avertissant que le cadre pourrait faire exploser l’économie. En revanche, Lummis a mis en avant des enjeux nationaux, avertissant que l’inaction pourrait céder le leadership en actifs numériques à la Chine et à l’Europe.

La sénatrice a également mis une échéance, avertissant que manquer la fenêtre actuelle pourrait repousser une législation crypto complète à 2030. Elle a déclaré que les clients pourraient ne pas avoir de droits garantis sur leurs avoirs si une plateforme d’actifs numériques fait faillite, les laissant bloqués dans des procédures de créanciers plutôt que de récupérer directement leurs actifs.

Soutien de l’industrie et de la sécurité nationale

En dehors du Congrès, le projet de loi a suscité une coalition exceptionnellement large. Un groupe de 160 vétérans de la sécurité nationale, du renseignement et des forces de l’ordre a signé une lettre aux leaders du Sénat pour soutenir la mesure, tandis que plus de 1 200 entreprises technologiques ont pressé le Sénat de l’adopter rapidement. Le PDG de Ripple, Brad Garlinghouse, a apporté le poids de son entreprise au projet de loi, déclarant “c’est le moment” pour les règles américaines sur la cryptographie.

Les supporters soutiennent qu’une certitude réglementaire permettrait de garder les développeurs et les startups sur le territoire plutôt que de les pousser vers des juridictions avec des cadres plus clairs, comme le régime MiCA de l’Union européenne. Sans cela, ils affirment que les États-Unis risquent d’exporter leurs meilleurs créateurs ainsi que les emplois et les recettes fiscales qu’ils génèrent.

Le prochain obstacle est un vote complet au Sénat, où le projet doit dépasser le seuil de 60 voix pour le filibuster avant toute réconciliation avec la version de la Chambre et une signature du président Donald Trump. Avec le calendrier législatif qui se resserre, Lummis et ses alliés parient que la perspective de poursuites renouvelées et le risque de prendre du retard face aux rivaux mondiaux suffiront à faire pencher la balance en faveur des sénateurs indécis. Pour les développeurs observant de l’extérieur, le résultat déterminera si l’écriture de code reste une zone grise juridique ou si un cadre clair sera enfin mis en place.

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