Cinquième semaine de la guerre : Trump affirme que les objectifs des armes nucléaires de l’armée américaine sont atteints et qu’il prévoit de se retirer d’Iran dans un délai de 2 à 3 semaines ; le problème du verrouillage du détroit d’Hormuz reste en suspens, le prix du pétrole demeure élevé et une guerre du type « frapper puis partir » laisse derrière elle des conséquences difficiles à régler.
(Contexte (rappel) : NYT : des centaines d’unités américaines de forces spéciales sont déjà arrivées au Moyen-Orient, et les Navy SEALs lanceront l’assaut pour s’emparer des installations nucléaires iraniennes.)
(Complément de contexte : appel de Trump à bombarder « jusqu’à ce que l’objectif soit atteint » et à contraindre l’Iran à se rendre, plus de 200 paquebots de croisière à travers le Golfe Persique, et avertissement de la BCE : l’abri contre le risque en USD ne fonctionne plus.)
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Cinquième semaine de la guerre : Trump, à la Maison-Blanche, lance directement un choc aux journalistes : les forces armées américaines devraient achever, dans un délai de 2 à 3 semaines, leurs opérations militaires contre l’Iran ; les objectifs nucléaires sont déjà atteints, et le retrait des troupes n’est plus qu’une question de temps.
Le 1er avril, Trump a déclaré, lors de la conférence de presse à la Maison-Blanche : « Je veux dire en deux semaines, peut-être deux semaines, peut-être trois semaines. Nous allons partir, parce que nous n’avons aucune raison de continuer comme ça. » Le ton est léger, comme si ce n’était pas une guerre encore en cours, mais un déplacement professionnel qui touche à sa fin.
Trump met clairement en avant le seul objectif de cette guerre : empêcher l’Iran de fabriquer des armes nucléaires à jamais. Il a dit : « Je n’ai qu’un seul objectif : qu’ils ne disposent pas d’armes nucléaires, et cet objectif est déjà atteint. »
Quant au changement de régime, Trump le dissocie volontairement : « Nous avons déjà eu un changement de régime. Maintenant, le changement de régime n’est pas l’un des objectifs que j’ai fixés. » Ces propos laissent entendre que l’effondrement du gouvernement de Téhéran est un sous-produit de la guerre, plutôt qu’un objectif stratégique admis ouvertement par Washington—au moins dans le langage diplomatique, Trump choisit de prendre de la distance.
Il ajoute ensuite en détail les conditions de retrait : « Quand nous estimerons qu’ils ont été forcés de revenir à l’âge de pierre, qu’ils ne peuvent pas fabriquer d’armes nucléaires, alors que nous ayons ou non conclu un accord, nous partirons. » Autrement dit, le fait de négocier ou non un accord n’affecte pas la décision de retrait.
Malgré un ton ferme, Trump n’a pas fermé la porte de la diplomatie. Il a dit : « Il est possible que nous parvenions à un accord avant cela, parce que nous allons frapper les ponts—nous en avons déjà frappé certains, et dans notre esprit il nous en reste encore quelques-uns de très intéressants. Mais s’ils sont prêts à s’asseoir à la table des négociations, ce sera une bonne chose. »
La logique de ces propos est claire : faire exploser les ponts est un levier, pas un but. Plus les négociations sont rapides, moins de ponts seront détruits. Trump reconnaît aussi franchement que la volonté de l’Iran de faire la paix est plus forte que la sienne : « Leur degré d’envie de parvenir à un accord est plus élevé que le mien. »
Bloomberg a par ailleurs rapporté que l’impatience de Trump à l’égard de la situation de guerre avec l’Iran devient de plus en plus évidente, accélérant la planification d’un calendrier de sortie—ce qui fait écho à ses déclarations publiques à la Maison-Blanche.
Cependant, le désordre laissé après la guerre ne disparaît pas avec le retrait. Pour le problème du passage dans le détroit d’Hormuz, Trump le renvoie directement aux autres pays : il laisse entendre que les États-Unis n’ont pas l’intention de continuer à assurer la garde du principal poumon énergétique mondial après le retrait, et que la responsabilité de la réouverture du détroit incombera aux pays qui en ont besoin, qui devront s’en occuper eux-mêmes.
Ces propos frappent le marché de l’énergie. Aux États-Unis, les prix de l’essence ont grimpé jusqu’à 4 dollars par gallon ; la réponse de Trump consiste à dire aux autres pays : « allez trouver du pétrole par vous-mêmes »—une phrase qui rejette d’un coup tous les alliés dépendants du pétrole du Moyen-Orient.
Pour le marché des crypto-monnaies, l’évolution du risque géopolitique au Moyen-Orient influence le sentiment de recherche de protection. Depuis le début de la guerre, la position de valeur refuge du dollar a vacillé, et le bitcoin a, à certains moments, joué le rôle d’alternative de refuge ; si les forces américaines se retirent comme prévu, la question de savoir si le marché reviendra au mode de préférence pour le risque reste à observer, en fonction de l’avancement des négociations et de la réalité des conditions de passage dans le détroit d’Hormuz.
Dès le premier jour, cette guerre a été positionnée par Trump comme une opération « à mission » plutôt que comme une guerre d’occupation. Objectif nucléaire atteint : le compte à rebours du retrait commence ; le changement de régime n’est qu’un résultat secondaire ; le couloir pétrolier relève du problème des autres—logique cohérente, mais, pour la stabilité de la région, les points d’interrogation laissés derrière sont bien plus nombreux que les réponses.
Que le gouvernement iranien se soit réellement « replongé dans l’âge de pierre » ; à quel moment le détroit d’Hormuz retrouvera une circulation normale ; et qui comblera le vide de pouvoir au Moyen-Orient après l’Iran—ce seront les trois variables que le marché et la sphère diplomatique surveilleront de plus près au cours des 2 à 3 prochaines semaines, voire dans les mois suivant le retrait.