Les serveurs paient-ils actuellement des taxes sur les pourboires ? Pourquoi la nouvelle proposition est importante

La réponse courte : oui, les serveurs paient des impôts sur tous les pourboires qu’ils reçoivent aujourd’hui. Mais une nouvelle initiative controversée pourrait tout changer — et c’est plus compliqué que simplement offrir une pause aux travailleurs du service. Alors que les serveurs peinant à payer des impôts sur des pourboires modestes pourraient se réjouir, les critiques avertissent que ce plan « Pas d’impôt sur les pourboires » pourrait se retourner contre eux et nuire aux travailleurs qu’il est censé aider.

Comprendre comment les pourboires sont imposés aujourd’hui

Actuellement, l’IRS considère les pourboires comme tout autre revenu. Que le serveur reçoive des pourboires en espèces, par carte de crédit ou par transfert numérique, chaque dollar doit être déclaré comme revenu imposable. L’effet cumulé est important : les travailleurs du service qui gagnent déjà le salaire minimum — ou dans certains États, seulement 2,13 $ de l’heure — doivent désormais faire face à des obligations fiscales fédérales, étatiques et sociales sur leurs gratifications.

Cela crée un vrai fardeau financier pour des millions d’Américains. Un serveur travaillant un vendredi soir chargé pourrait empocher 150 $ en pourboires en liquide, mais à la saison des impôts, cet argent devient une partie de leur revenu déclaré, déclenchant une imposition. Pour les travailleurs ayant des revenus modestes, cela peut les faire passer dans des tranches d’imposition plus élevées ou réduire des crédits qu’ils recevraient autrement.

La loi « Pas d’impôt sur les pourboires » : qu’est-ce qui change réellement ?

La législation proposée, soutenue à la fois par le président Donald Trump et l’ancienne vice-présidente Kamala Harris, rendrait exonérés d’impôt fédéral sur le revenu jusqu’à 25 000 $ de pourboires par an. Le plan vise les travailleurs qui reçoivent des pourboires dans les secteurs des services — principalement restaurants et bars, mais aussi salons de beauté et spas.

Voici le hic : selon la proposition initiale, seuls les pourboires en espèces que les travailleurs déclarent officiellement à leur employeur pour la paie seraient éligibles. Plus important encore, l’exonération ne concerne que l’impôt fédéral sur le revenu. Les impôts étatiques et sociaux ne seraient pas affectés, sauf si les États adoptent leur propre législation. De plus, les travailleurs gagnant plus de 160 000 $ par an seraient exclus de cette avantage.

La législation introduit aussi un nouveau crédit d’impôt pour les employeurs qui traitent les pourboires via des établissements de services de beauté, élargissant le champ au-delà des restaurants traditionnels.

Qui en bénéficie et qui pourrait en pâtir ?

À première vue, cette politique semble simple : les serveurs gardent plus de leurs pourboires. L’Institut de politique économique et d’autres défenseurs la présentent comme une « bouée de sauvetage » pour les travailleurs qui peinent à joindre les deux bouts avec le salaire minimum.

Mais les données racontent une histoire plus nuancée. Selon des recherches citées par l’Institut de politique économique, environ 37 % des travailleurs qui reçoivent des pourboires ne gagnent pas assez pour payer l’impôt fédéral sur le revenu en premier lieu. Pour ces travailleurs, l’exonération pourrait sembler sans importance — jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’ils pourraient perdre l’éligibilité à des crédits fiscaux cruciaux comme le crédit d’impôt sur le revenu gagné (EITC) et le crédit d’impôt pour enfants (CTC). Ces crédits offrent souvent des milliers de dollars d’aide annuelle aux familles à faibles revenus.

La préoccupation plus profonde : les employeurs pourraient utiliser cette politique comme prétexte pour ne pas augmenter le salaire de base. Partout aux États-Unis, le salaire minimum fédéral pour les pourboires reste bloqué à 2,13 $ de l’heure — inchangé depuis 1993. Beaucoup d’États ont augmenté leur propre minimum, mais d’autres autorisent encore des salaires bien en dessous du niveau de vie. Avec des pourboires désormais exonérés d’impôt, quelle incitation ont les employeurs à augmenter le salaire de base ?

L’impact sur le client : pourquoi la culture du pourboire évolue

Alors que les serveurs et les employeurs dominent la discussion, les clients ressentiront aussi les effets. Les industries du service souffrent déjà d’une « fatigue du pourboire » — ce phénomène où les demandes omniprésentes de pourboires de 18 à 20 % sur les terminaux de paiement deviennent socialement gênantes et financièrement épuisantes.

Cette politique pourrait accélérer cette tendance. À mesure que davantage d’industries adoptent des demandes de pourboires impulsées par l’employeur, les consommateurs pourraient rencontrer des demandes de pourboires dans des endroits inattendus : cafés, chaînes de restauration rapide et détaillants à service rapide s’attendent de plus en plus à des gratifications volontaires à la caisse.

Les résultats sont déjà visibles. Selon la plateforme technologique pour restaurants Popmenu, 38 % des consommateurs ont déclaré avoir donné un pourboire de 20 % ou plus aux serveurs en 2024 — une baisse spectaculaire par rapport à 56 % en 2021. Par ailleurs, les Américains ont moins fréquenté les restaurants en 2024 qu’en 2023, ce qui suggère que la hausse des coûts combinée à la pression du pourboire pourrait remodeler le comportement des consommateurs.

En résumé

Les serveurs paient-ils actuellement des impôts sur leurs pourboires ? Absolument. La nouvelle proposition changerait cela pour l’impôt fédéral sur le revenu, apportant un vrai soulagement à certains travailleurs du service. Mais la situation globale reste contestée : cela aidera-t-il vraiment les serveurs à faibles revenus, ou renforcera-t-il la stagnation des salaires tout en accélérant la culture du pourboire partout, ce qui frustre les consommateurs ? La réponse dépend probablement de la rapidité avec laquelle les États et certains employeurs s’adapteront à ce changement.

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