L'or connaît sa plus grande baisse hebdomadaire en 43 ans, pourquoi les actifs refuge s'effondrent en premier ?

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Écrit par Cathy

23 mars, lundi noir.

Or, argent, actions américaines, actions européennes, cuivre, aluminium, zinc, étain, Bitcoin — tous en baisse. Pas une petite baisse, mais une chute qui vous fait douter si votre compte n’a pas été piraté.

La plus absurde est l’or.

Au Moyen-Orient, la guerre fait rage, le détroit d’Hormuz est bloqué, le prix du pétrole grimpe à 114 dollars, et le monde crie « Troisième Guerre mondiale » — selon la théorie, l’or devrait exploser. Et pourtant ? L’or au comptant a chuté de 10,24 % en une semaine, passant sous 4 500 dollars, enregistrant la pire performance en 43 ans. Le 23 mars, il est même tombé à environ 4 100 dollars, avec une baisse intra-journalière de plus de 6 %. La dernière fois qu’un tel effondrement s’était produit, c’était en 1983.

Les actifs refuges ont craqué au moment où ils devraient être protégés, ce n’est pas une blague, c’est la réalité de mars 2026.

01 Une étincelle, qui a fait sauter toute la chaîne

L’histoire commence le 28 février.

Ce jour-là, les États-Unis et Israël ont lancé une attaque militaire contre l’Iran, nommée « Opération Fureur Épique » (Operation Epic Fury). Objectif clair : détruire les capacités de missiles et nucléaires de l’Iran. Dès le premier jour, la coalition US-Israël a mené des frappes précises, tuant environ 40 hauts responsables iraniens, dont le guide suprême Khamenei, paralysant le système de commandement iranien en quelques heures.

Mais la riposte de l’Iran n’était pas conventionnelle — ils ont choisi une action plus mortelle que le lancement de missiles : bloquer le détroit d’Hormuz.

Quelle importance a ce détroit ? 20 à 25 % du pétrole mondial y transite. Le bloquer, c’est couper la trachée de l’économie mondiale. Dès le 28 février, la Garde révolutionnaire iranienne a commencé à intercepter les navires, et à la deuxième semaine de mars, le passage a été complètement fermé, une grande quantité de pétrole piégée dans le Golfe Persique, incapable de sortir.

Parallèlement, l’Iran a lancé une opération de représailles nommée « Engagement Véritable-4 », tirant de nombreux missiles et drones sur Israël, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, etc. L’aéroport international de Dubaï a été bombardé, la tour Burj Khalifa a été enveloppée de fumée. Des analystes avertissent que si cette crise perdure jusqu’à la moitié de l’année, la sécurité alimentaire mondiale sera gravement menacée.

Le prix du Brent a directement atteint 114 dollars.

02 La rêve de baisse des taux brisé, le cauchemar de la hausse arrive

La flambée du prix du pétrole n’est pas seulement une hausse, elle allume un mot que personne ne veut affronter : stagflation.

Avant la guerre, les investisseurs mondiaux vivaient encore dans le rêve de « pic de l’inflation, baisse des taux » — mais en février, les données PPI ont montré une hausse de 3,4 % en glissement annuel et de 0,7 % en mensuel, bien au-delà des prévisions. Le pétrole a ramené l’inflation par l’offre.

Le 18 mars, la Fed a maintenu ses taux entre 3,50 % et 3,75 %, mais a envoyé des signaux encore plus durs : l’inflation PCE a été révisée à la hausse, passant de 2,4 % à 2,7 %, et le pointillé du FOMC indique que plusieurs membres pensent qu’il n’est pas judicieux de réduire les taux cette année. Les attentes du marché pour une baisse de taux cette année se sont rapidement évaporées.

Les anticipations de baisse de taux pour l’année ont disparu, et les contrats à terme sur les taux d’intérêt montrent une forte tendance à la contraction.

En une semaine, le marché est passé de « deux baisses de taux cette année » à « peut-être encore une hausse ». Ce revirement à 180 degrés a été le véritable déclencheur de l’effondrement du 23 mars.

03 L’or : de « roi de la sécurité » à « dernière machine à cash »

Revenons à la question centrale : pourquoi l’or, face à une guerre aussi violente, ne monte-t-il pas mais baisse-t-il ?

En résumé, trois raisons.

Premièrement, les taux d’intérêt ont tué l’or.

L’or ne produit pas de revenus, sa seule valeur réside dans l’appréciation du prix. Quand le rendement des obligations américaines à 10 ans a bondi de 13 points de base à 4,38 % le 20 mars, atteignant un sommet depuis juillet 2025, et que l’indice dollar a brièvement dépassé 100, le coût d’opportunité de détenir de l’or a explosé. L’attention du marché s’est déplacée de « craindre la guerre » à « craindre la hausse des taux » — lorsque le rendement devient plus attractif que la sécurité, l’or est le premier à être abandonné.

Deuxièmement, le scénario de 1983 se répète.

En mars 1983, la chute des prix du pétrole a épuisé la trésorerie des pays de l’OPEP, qui ont été contraints de vendre leurs réserves d’or pour obtenir des liquidités, provoquant une chute de plus de 105 dollars en une semaine. Quarante-trois ans plus tard, l’histoire change de forme : cette fois, le prix du pétrole monte, mais la problématique est plus étrange — l’Arabie saoudite et les Émirats ne peuvent pas vendre leur pétrole. Le détroit d’Hormuz est bloqué, le pétrole reste coincé dans le Golfe Persique, et les revenus d’exportation de pétrole sont presque nuls.

Mais les dépenses militaires continuent. En seulement six jours, les États-Unis ont dépensé 11,3 milliards de dollars. Ces pays riches en or doivent maintenant transformer leur or en cash pour continuer à fonctionner. La pression de vente souveraine, invisible pour les petits investisseurs, agit comme un plafond qui pèse lourdement sur le prix de l’or.

Troisièmement, l’or est devenu la « machine à cash » de tout le monde.

C’est la couche la plus cruelle. En 2025, l’or a augmenté de 64 %, faisant partie des actifs les plus performants de l’année. Le 23 mars, quand les marchés boursiers, obligataires et du crédit privé ont tous explosé, avec des appels de marge massifs, peu d’actifs liquides restaient — l’or était le « réservoir de liquidités ». Les positions gagnantes ont été vendues en priorité, car elles pouvaient être rapidement converties en cash.

C’est le destin de l’or : en temps normal, il est la couronne de la sécurité ; en crise de liquidité, il est le premier à être mis en gage.

04 2 000 milliards de crédits privés, qui ont explosé

La chute de l’or n’est pas un événement isolé. Derrière, un autre grand danger retentit : le crédit privé.

Ces dernières années, environ 2 000 milliards de dollars de crédits privés ont afflué dans la technologie, notamment dans le secteur du logiciel. La logique était simple — le logiciel étant « léger en actifs, à forte croissance », prêter de l’argent à ces entreprises semblait sans risque.

Jusqu’à l’arrivée de l’IA.

Meta dépense 135 milliards de dollars par an pour l’infrastructure IA, mais où en est la rentabilité ? Elle est encore en route. Quand Wall Street a commencé à douter du cycle de retour sur investissement de l’IA, la valorisation des sociétés de logiciels a commencé à s’effondrer, et la valeur des garanties de crédit privé a diminué. JPMorgan a directement réduit la valorisation des prêts aux logiciels, resserrant les conditions de prêt.

La panique s’est propagée aux géants de la gestion d’actifs. Le fonds phare de Blackstone, BCRED, a été contraint par ses investisseurs de racheter pour 3,8 milliards de dollars, soit 7,9 % de sa taille totale, bien au-delà de la limite trimestrielle de 5 %. Plus grave encore, Blue Owl a annoncé la suspension permanente des rachats réguliers — en clair : l’argent entre, mais ne sort plus.

Lorsque la porte du crédit privé est scellée, l’argent ne peut que sauter par la fenêtre du marché public. L’or, les actions de grande capitalisation, tout ce qui est liquide devient la victime expiatoire.

05 Bitcoin : 68 000 dollars, ni haut ni bas

Le marché des cryptos, dans cette tempête, ne peut qu’être qualifié d’« embarrassant ».

Le Bitcoin fluctue autour de 68 000 dollars le 23 mars. Sur la semaine, il a mieux résisté que l’or, mais la narration du « or numérique » a complètement échoué cette semaine. Quand la liquidité des marchés financiers traditionnels s’est effondrée, le Bitcoin et tous les actifs risqués ont été vendus. Il n’a pas été un refuge, ni une protection contre l’inflation, il a simplement… suivi la chute.

Ce qui est intéressant, c’est que la racine de cette chute — guerre, pétrole, Fed — n’a aucun lien direct avec le secteur crypto. Mais face à un risque systémique réel, la corrélation entre tous les actifs tend vers 1.

Il n’y a pas d’« actifs non corrélés », seulement des actifs qui n’ont pas encore atteint l’extrême.

06 Conclusion

Le PIB du quatrième trimestre 2025 a été révisé à 0,7 %, et les attentes d’inflation ont été de nouveau hors de contrôle à cause de la flambée du pétrole. La Fed est piégée entre « maîtriser l’inflation » et « prévenir la récession ».

UBS affirme que la logique à long terme de l’or n’a pas été détruite. Peut-être. Mais à court terme, tant que le détroit d’Hormuz reste bloqué ou que la Fed ne lâche pas prise, l’or aura du mal à échapper à son destin de « machine à cash ».

Mars 2026 enseigne une chose au marché : face à une crise réelle, il n’y a pas d’actifs refuges, seulement de la liquidité. Et la liquidité, ne connaît pas d’émotions.

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