La logique des négociations iraniennes — Des « dix exigences » à la « méfiance envers les États-Unis »



La stratégie de négociation de l’Iran s’articule toujours autour d’une ligne directrice : ne pas accepter un cessez-le-feu temporaire, ne pas faire confiance aux promesses américaines, et refuser de négocier sous la contrainte. Derrière les déclarations répétées de Trump, affirmant que « des progrès ont été réalisés dans les négociations », la position réelle de l’Iran est beaucoup plus ferme que ne le laisse entendre la Maison-Blanche.

1. La position centrale de l’Iran : mettre fin à la guerre de façon permanente, et non un cessez-le-feu temporaire

Le 6 avril, l’Iran a officiellement répondu à la proposition américaine de mettre fin à la guerre, en la transmettant au Pakistan. D’après des informations divulguées par les médias iraniens, l’Iran a formulé au total 10 réponses ; le contenu central comprend notamment : le refus de l’Iran de tout cessez-le-feu, qui doit impérativement conduire à l’arrêt permanent des hostilités ; la fin des conflits régionaux ; l’élaboration d’un protocole d’autorisation de passage en toute sécurité pour le détroit d’Hormuz ; la levée des sanctions ainsi que les travaux de reconstruction, etc.

Le colonel Moghaddam, ancien haut commandant des Gardiens de la Révolution, a déclaré dans une interview que l’Iran avait d’abord rejeté le plan américain en 15 points, car il reposait sur l’idée d’un « cessez-le-feu temporaire en échange de l’ouverture du détroit d’Hormuz » par l’Iran. De plus, Washington indiquait que l’Iran devait d’abord accepter les conditions correspondantes et prendre des engagements, puis seulement après, les États-Unis prendraient des mesures telles que la levée des sanctions.

« Vu l’infiabilité des États-Unis et les expériences passées, l’Iran ne peut absolument pas accepter un tel scénario », estime Moghaddam. Il considère que les États-Unis cherchent à tromper l’Iran au moyen d’un cessez-le-feu, afin de réintégrer et de réorganiser leurs forces, de lancer à nouveau une opération militaire contre l’Iran, puis de contrôler le détroit d’Hormuz.

2. « Ne pas faire confiance aux États-Unis » : le postulat de base des négociations iraniennes

Le 1er avril, le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi a déclaré sans ambiguïté, dans une interview diffusée par la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, qu’il avait reçu des informations transmises par le représentant spécial de Trump, Witkov, « mais cela ne signifie pas que nous négocions ». Il a par ailleurs souligné que l’idée selon laquelle il y aurait des négociations avec l’Iran par n’importe quelle partie « n’est pas vraie ». « Toutes les informations sont transmises ou reçues par le ministère des Affaires étrangères, et il existe également des communications entre les agences de sécurité. »

Araghchi a été explicite : l’Iran n’a jamais eu de « résultats heureux » lors de négociations avec les États-Unis. L’Iran avait conclu il y a plusieurs années un accord avec les États-Unis (l’accord sur le nucléaire iranien), mais les États-Unis s’en sont retirés. « Nous ne pensons pas qu’il y aura un quelconque résultat à des négociations avec les États-Unis ; pour l’instant, le niveau de confiance est à zéro. Nous ne voyons aucune sincérité. »

Cette appréciation a été corroborée par des services de renseignement américains. Le 1er avril, plusieurs agences américaines ont estimé que le gouvernement iranien n’avait actuellement pas l’intention de participer à des négociations substantielles visant à mettre fin à la guerre américano-iranienne, car l’Iran pense qu’il se trouve en position favorable dans la guerre et n’a donc pas besoin d’accepter les exigences diplomatiques proposées par les États-Unis. Ces agences ont également estimé que l’Iran ne fait pas confiance aux États-Unis et ne pense pas non plus que Trump prenne au sérieux les questions de négociation.

3. Le ministère iranien des Affaires étrangères : refuser la « négociation sous la contrainte »

Le 6 avril, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Baghaeï, a tenu à Téhéran une conférence de presse, répondant avec fermeté à la « dernière échéance » de Trump. Il a souligné que le fait même de lancer ce type de menaces constitue un crime de guerre, et que tout pays aidant à commettre ce type de crime doit en répondre.

Baghaeï a indiqué que les États-Unis avaient mené à deux reprises des actions militaires contre l’Iran pendant les négociations, commettant ainsi des crimes de guerre. Cela reflète le mépris des États-Unis pour la diplomatie. D’un côté, les États-Unis affirment vouloir intensifier leurs attaques contre l’Iran ; de l’autre, ils proposent des négociations. Les paroles et les actes américains sont totalement incompatibles.

Il a aussi clairement précisé que la raison pour laquelle l’Iran n’accepte pas un cessez-le-feu tient aux expériences passées : « Un cessez-le-feu signifie une pause temporaire, qui permet à l’autre partie de renforcer ses forces, puis de commettre encore plus de crimes. Personne de raisonnable ne ferait cela. Notre demande est de mettre fin à cette guerre imposée, et de s’assurer que le cycle du cessez-le-feu et de la guerre ne se reproduira plus. »

Concernant le « dernier ultimatum » de Trump, Baghaeï a réaffirmé que les négociations ne peuvent en aucun cas reposer sur des menaces de « dernier avertissement, d’exactions ou de crimes de guerre » ; les leçons tirées des négociations précédentes entre l’Iran et les États-Unis ne seront pas ignorées.

4. La dissuasion militaire de l’Iran : de véritables engagements — l’opération #Gate廣場四月發帖挑戰 se poursuit

Tout en maintenant une position ferme sur le plan diplomatique, l’Iran montre également sa détermination sur le plan militaire. Le 7 avril, les Gardiens de la Révolution islamique ont publié une déclaration avertissant les pays voisins : « La retenue est terminée. » Ils ont indiqué qu’ils frapperaient les infrastructures des États-Unis et de leurs alliés, et ont menacé de couper, dans les années à venir, l’approvisionnement en pétrole et en gaz des États-Unis et de leurs alliés dans la région.

Selon un responsable militaire informé, l’Iran a déjà préparé pour les actions « folles » possibles de Trump des « surprises », dont l’une consiste à inclure Saudi Aramco, les champs pétrolifères de Yanbu et le pipeline de transport de pétrole de Fujaïrah parmi les cibles d’attaques de l’Iran.

Le président du parlement iranien, Kalibaf, a annoncé sur les réseaux sociaux son engagement dans l’action « Pour l’Iran, livrer sa vie », et plus de 14 000 000 d’Iraniens seraient prêts à donner leur vie pour le pays. Dans la section des commentaires, il a écrit : « Tout individu dont les doigts, par des menaces ou des signes de reddition, visent notre pays, verra ses doigts tranchés. »

5. Le détroit d’Hormuz : le principal atout de négociation de l’Iran

Pour l’Iran, le détroit d’Hormuz n’est pas seulement un site d’importance stratégique sur le plan géographique : c’est aussi le principal atout de négociation. Le 5, le Guide suprême iranien Mujtaba Khamenei a clairement indiqué, dans un message publié sur les réseaux sociaux, que le verrouillage du détroit d’Hormuz — ce levier stratégique — « doit continuer à être utilisé ».

Le vice-directeur du bureau chargé de l’information et de la communication auprès de la présidence iranienne, Tabatabaeï, a également proposé des conditions plus précises pour la réouverture du détroit : ce n’est qu’après la mise en place d’un nouveau cadre légal, et après l’utilisation des revenus antérieurs des taxes sur le transport maritime pour compenser toutes les pertes subies par l’Iran lors des guerres passées, que le détroit d’Hormuz sera entièrement rouvert.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Baghaeï, a également réaffirmé que l’Iran a déjà fait savoir qu’il ne permettrait en aucun cas aux navires de l’ennemi de traverser le détroit d’Hormuz. Dans le même temps, l’Iran a décidé d’entamer un dialogue avec Oman, afin de parvenir à un protocole concernant le passage des navires par le détroit d’Hormuz.

Résumé : la stratégie de négociation de l’Iran suit une logique claire : ne pas accepter un cessez-le-feu temporaire — parce que les États-Unis ne méritent pas la confiance ; ne pas accepter les ultimatums — parce que c’est un crime de guerre ; maintenir la fin permanente de la guerre — car c’est la seule manière d’éviter que la guerre ne se répète. Du « niveau de confiance à zéro » du ministre des Affaires étrangères à « l’absence d’intention de participer à des négociations substantielles » selon les services de renseignement, puis à « la retenue est terminée » des Gardiens de la Révolution — l’Iran a transmis à Washington, à la fois par ses discours diplomatiques et par ses actions militaires, le même signal : ce n’est pas une négociation qui peut être résolue par la pression, mais un affrontement autour de la survie et de la dignité.
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MasterChuTheOldDemonMasterChuvip
· Il y a 9h
Il suffit de foncer 👊
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