Anthony Shnayderman mène une action collective contre OpenSea concernant le litige sur la sécurité des NFT

Le champ de bataille des marchés NFT vient de devenir beaucoup plus encombré. Dans ce qui pourrait transformer le fonctionnement d’OpenSea et de plateformes similaires, deux utilisateurs—Anthony Shnayderman et Itai Bronshtein—ont lancé une contestation devant un tribunal fédéral en Floride, alléguant qu’OpenSea aurait sciemment facilité la vente de titres non enregistrés déguisés en NFTs. Ce n’est pas simplement une plainte de plus ; c’est une attaque directe contre le modèle économique central de la plateforme et sa conformité réglementaire.

Les plaignants affirment avoir acheté des NFTs de la collection Bored Ape Yacht Club dans l’espoir de gains d’investissement, pour découvrir que leurs actifs numériques pourraient maintenant ne rien valoir en raison de leur statut non enregistré. Ce qui rend cette affaire particulièrement aiguë, c’est le timing : elle intervient alors que l’industrie crypto lutte contre une application de plus en plus agressive de la SEC.

Le test Howey et pourquoi OpenSea risque une action en justice

Au cœur de l’argumentation de Shnayderman et Bronshtein se trouve le test Howey—un cadre juridique utilisé par les tribunaux pour déterminer si quelque chose constitue un contrat d’investissement. Selon cette norme, un actif est classé comme un titre si il implique un investissement dans une entreprise commune avec des profits attendus des efforts d’autrui. Les plaignants soutiennent que les NFTs BAYC correspondent parfaitement à cette définition : les acheteurs ont investi en espérant que la valeur serait créée par les efforts de la plateforme et des créateurs de la collection.

Cette théorie juridique n’est pas nouvelle—elle a gagné en traction lors du célèbre procès Ripple contre la SEC, où des cadres similaires ont été largement débattus. Ce qui diffère ici, c’est l’application directe à grande échelle des NFTs via une grande marketplace.

L’avis Wells et la trajectoire de l’enquête de la SEC

C’est là que la situation s’est considérablement intensifiée. Le 28 août, le PDG d’OpenSea a publiquement révélé que la plateforme avait reçu un avis Wells de la SEC américaine—un signal officiel que les régulateurs ont terminé leur enquête et pourraient engager des mesures d’application. Shnayderman et Bronshtein ont utilisé cette révélation comme arme, arguant qu’elle prouve qu’OpenSea avait connaissance de potentielles violations de titres et n’a pas agi en conséquence.

L’avis Wells est devenu une preuve que la plateforme opérait en pleine conscience des préoccupations réglementaires. Cela renforce considérablement la revendication des plaignants selon laquelle OpenSea « savait, ou aurait dû savoir » qu’elle facilitait des ventes de titres illégaux.

Précédent SEC : Stoner Cats 2 et Impact Theory ont ouvert la voie

Les plaignants n’ont pas inventé cette stratégie juridique de zéro. Ils s’appuient sur un précédent solide. La SEC a déjà pris des mesures contre des projets NFT comme Stoner Cats 2 et Impact Theory, classant leurs NFTs comme des titres non enregistrés. Ces victoires ont fourni aux régulateurs et aux plaignants une feuille de route pour contester la vente de NFTs via la loi sur les titres.

En se référant à ces affaires, Shnayderman et Bronshtein se positionnent dans un schéma d’application de la loi déjà établi, rendant leur procès moins une exception qu’une étape inévitable dans l’escalade réglementaire.

Les accusations de tromperie contre la modération de la plateforme OpenSea

OpenSea avait explicitement promis aux utilisateurs qu’il modérerait son marché et supprimerait les titres non enregistrés. Selon la plainte, la plateforme n’a pas tenu cet engagement. Shnayderman et Bronshtein affirment que cette violation de garantie a directement causé leur perte financière—ils ont acheté sans le savoir ce qui pourrait maintenant être considéré comme des instruments illégaux.

Au-delà de la violation de garantie, la plainte s’intensifie en accusant OpenSea de pratiques de marketing trompeuses. La plateforme aurait induit en erreur les utilisateurs en se présentant comme un marché soigneusement modéré tout en permettant simultanément la négociation libre de titres potentiellement non enregistrés. Cette double accusation de négligence et de tromperie active renforce considérablement leur dossier.

La question de l’enrichissement injuste

Enfin, les plaignants allèguent un enrichissement injuste. OpenSea aurait perçu d’importants frais de transaction et accepté des paiements pour des ventes de NFTs qu’il savait ou aurait dû savoir violer la loi sur les titres. Chaque frais de transaction devient un gain illicite potentiel dans cette narration. Pour une plateforme traitant des milliards de volume d’échange, cette exposition pourrait être catastrophique.

Le procès ne concerne pas seulement la compensation de deux utilisateurs ; il est structuré comme une action collective, ce qui signifie que tout utilisateur d’OpenSea ayant acheté des NFTs que la SEC pourrait ultérieurement classer comme des titres non enregistrés pourrait se joindre. L’ampleur de la responsabilité potentielle a discrètement transformé cette bataille juridique de niche en un défi existentiel pour la manière dont les marchés NFT peuvent fonctionner à l’avenir.

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